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Eau

Laver sa voiture sans gaspiller d'eau ni polluer le caniveau

Le lavage du dimanche devant la maison a l'air inoffensif. Il consomme pourtant beaucoup d'eau et envoie hydrocarbures et détergents directement vers les rivières. Petit tour des alternatives.

Hand scrubbing a car headlight with sponge and soap suds, detailing process.
Photo : https://kaboompics.com/ / Pexels

Une voiture qui roule accumule bien plus que de la poussière. Résidus de plaquettes de frein, particules de pneus, traces d'huile et d'hydrocarbures, sel l'hiver : ce film gris contient des métaux lourds et des composés qui n'ont rien à faire dans un cours d'eau. Or c'est exactement là qu'il finit quand on lave sa voiture dans la rue ou dans son allée.

Où part l'eau de lavage ?

Dans la plupart des communes, les grilles et avaloirs de la voirie sont reliés au réseau d'eaux pluviales, qui rejoint directement le milieu naturel sans passer par une station d'épuration. Les eaux de lavage chargées de détergents et d'hydrocarbures se retrouvent donc dans le ruisseau ou la rivière la plus proche. Sur une pelouse, elles s'infiltrent dans le sol, ce qui ne vaut pas beaucoup mieux.

C'est pour cette raison que de nombreux règlements sanitaires départementaux et arrêtés municipaux interdisent le lavage des véhicules sur la voie publique. En période de sécheresse, les arrêtés préfectoraux vont plus loin : le lavage à domicile est généralement interdit dès les premiers niveaux de restriction, alors que les stations professionnelles équipées d'un système de recyclage peuvent continuer à fonctionner plus longtemps. Le site VigiEau permet de vérifier, adresse par adresse, les restrictions en vigueur.

Combien d'eau selon la méthode

Les chiffres varient selon les équipements et les habitudes, mais les ordres de grandeur couramment admis sont les suivants.

MéthodeEau consommée par lavageEaux usées traitées
Tuyau d'arrosage à domicilejusqu'à 200 litresNon
Seau et éponge à domicile20 à 40 litresNon
Haute pression en station50 à 80 litresOui (débourbeur, séparateur)
Portique à rouleauxvariable, en partie recycléeOui
Lavage sans eau (spray)moins d'un litrePas de rejet

La station, solution la plus propre

Une station de lavage est tenue de collecter ses eaux usées et de les faire passer par un débourbeur et un séparateur d'hydrocarbures avant rejet dans le réseau d'assainissement. Beaucoup recyclent une partie de l'eau. La haute pression nettoie avec peu de volume, et le temps est compté, ce qui limite naturellement la consommation.

Quelques réflexes rendent le passage en station encore plus efficace : prélaver uniquement les zones très sales (bas de caisse, jantes), ne pas abuser du programme cire, et éviter la brosse moussante sur une carrosserie couverte de sable, qui raye le vernis. Les centres récents affichent souvent leur taux de recyclage de l'eau : c'est un bon critère pour choisir.

Le lavage sans eau, pour l'entretien courant

Les produits de lavage sans eau, vaporisés puis essuyés à la microfibre, conviennent bien aux voitures peu sales : poussière, traces de pluie, pollen. Ils évitent tout rejet, se pratiquent n'importe où, y compris dans un parking souterrain. En revanche, sur une carrosserie boueuse ou couverte de sable, frotter revient à poncer : mieux vaut alors passer en station.

Et l'intérieur ?

Un aspirateur, un chiffon humide et un peu de savon noir dilué suffisent pour l'habitacle. Les sprays « parfum de voiture neuve » et lingettes imprégnées n'apportent rien, sinon des composés volatils dans un espace confiné. Si les sièges sont tachés, l'injection-extraction à l'eau claire, proposée par de nombreux centres de lavage, donne de meilleurs résultats que la plupart des produits miracles.

En résumé

Pas de lavage au jet dans la rue. Une station pour les gros lavages, un spray sans eau pour l'entretien entre deux. C'est plus rapide, souvent moins cher qu'on ne le croit, et la rivière d'à côté vous dit merci.

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