Garder sa maison fraîche l'été sans climatiseur
Les étés s'allongent et le réflexe du climatiseur s'installe. Pourtant, dans beaucoup de logements, une poignée d'habitudes et quelques réparations suffisent à gagner plusieurs degrés.
Il y a une règle que les anciens appliquaient sans y penser, et qu'on a un peu oubliée : la chaleur se combat avant qu'elle n'entre. Une fois les murs et l'air intérieur chauds, il faut des heures, ou une machine, pour s'en débarrasser. Tout ce qui suit découle de ce principe.
Fermer côté soleil, et le faire tôt
Une vitre exposée en plein soleil laisse passer l'essentiel du rayonnement, qui se transforme en chaleur une fois dans la pièce. Un rideau intérieur n'y change pas grand-chose : la chaleur est déjà dedans. Ce qui compte, c'est la protection extérieure. Volets battants, persiennes, stores bannes ou volets roulants arrêtent le rayonnement avant la vitre.
Le bon moment pour les fermer, c'est avant que le soleil ne frappe. À l'est dès le matin, au sud en fin de matinée, à l'ouest en début d'après-midi. On peut laisser les lames d'un volet roulant légèrement entrouvertes pour garder un peu de lumière sans laisser entrer le soleil direct.
Beaucoup de foyers vivent avec un volet roulant bloqué à mi-hauteur depuis des mois. La panne tient souvent à une sangle usée, une lame sortie de sa coulisse ou un moteur dont le fin de course est déréglé. Ce sont des réparations courantes, bien moins coûteuses qu'un remplacement complet : avant l'été, il vaut la peine de faire réparer ses volets plutôt que de subir une façade sans protection.
Ventiler la nuit, fermer le jour
Dès que la température extérieure passe sous celle de la maison, généralement en fin de soirée, on ouvre en grand. L'idéal est de créer un courant d'air entre deux façades opposées, ou entre le bas et le haut de la maison (une fenêtre à l'étage, une autre au rez-de-chaussée). Au petit matin, on referme tout, fenêtres et volets, pour garder cette fraîcheur le plus longtemps possible.
Ce rythme demande un peu de discipline les premiers jours, puis devient un automatisme. Dans une maison aux murs épais, il peut suffire à traverser une canicule.
Le brasseur d'air, l'allié sous-estimé
Un ventilateur de plafond ne refroidit pas l'air, il le fait circuler. Sur la peau, ce mouvement donne une sensation de fraîcheur équivalente à quelques degrés de moins. Sa consommation se compte en dizaines de watts, là où un climatiseur mobile en consomme facilement plus d'un millier. Pour une chambre, c'est souvent la solution la plus raisonnable.
Réduire les sources de chaleur intérieures
- Éteindre les appareils en veille et les ordinateurs inutilisés : chacun chauffe un peu.
- Décaler le lave-linge, le four et le sèche-linge aux heures fraîches, ou faire sécher le linge dehors.
- Remplacer les dernières ampoules à incandescence ou halogènes, qui transforment presque toute leur énergie en chaleur.
- Cuisiner léger : salades, plancha dehors, plats froids préparés la veille.
Penser à plus long terme
Certains aménagements prennent quelques saisons à porter leurs fruits. Un arbre à feuilles caduques planté devant une façade sud ou ouest l'ombrage en été et laisse passer le soleil en hiver. Une treille, une pergola végétalisée, des plantes grimpantes sur un mur exposé produisent le même effet. Côté bâti, l'isolation des combles protège aussi de la chaleur : un toit non isolé transforme l'étage en four dès la fin du printemps.
La meilleure climatisation est celle dont on n'a pas besoin, parce que la chaleur n'est jamais entrée.
Et si on a vraiment besoin de climatiser ?
Pour une personne fragile, un nourrisson ou un logement sous les toits impossible à protéger, un climatiseur peut se justifier. Dans ce cas, préférez un modèle fixe réversible, bien dimensionné, réglé autour de 26 °C, et utilisé fenêtres et volets fermés. Un écart de plus de 7 ou 8 degrés avec l'extérieur est inconfortable et coûteux. Les climatiseurs mobiles à gaine, eux, rejettent une partie de la chaleur dans la pièce et consomment beaucoup pour un résultat modeste.
Pour aller plus loin
- ADEME, fiches pratiques « Garder son logement frais en été », sur Agir pour la transition.


